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À l’entrée de l’Ehpad de Plabennec, le visiteur est accueilli par des chèvres apprivoisées. Les animaux sont les bienvenus dans le quotidien des résidents.

Romy et Poupette sont deux Kings Charles qui apportent de l'apaisement aux résidents. Leurs maîtresses sont assistantes de soins en gérontologie.
Romy et Poupette sont deux cavaliers King Charles qui apportent de l’apaisement aux résidents. Leurs maîtresses sont assistantes de soins en gérontologie. (Ehpad de Plabennec)

Trois chiens apaisent les résidents

Trois chiens, deux cavaliers King Charles et un husky, dont les maîtresses sont assistantes de soins en gérontologie ou animatrice à l’Ehpad, ont un rôle encore plus important. Poupette, Romy et Kayla sont sollicités lorsqu’un soin complexe ou douloureux doit être effectué sur un résident, dont l’attention est ainsi détournée vers l’animal.

Très sollicités par les personnes âgées, les chiens ont des journées de « travail » intenses à la résidence. « Les chiens ont été formés. Ils n’aboient jamais et leur présence est très apaisante. Nous les considérons comme des travailleurs et ils bénéficient de temps de pause », indique Julien Brunet, directeur de l’Ehpad de Plabennec.

La médiation animale est considérée comme un travail à part entière pour les chiens qui bénéficient d'une pause, comme tout travailleur !
La médiation animale est considérée comme un travail à part entière pour les chiens qui bénéficient d’une pause, comme tout travailleur ! (Ehpad de Plabennec)

26 Ehpad et deux IME proposent un congrès à Brest

Même s’il n’est pas encore question d’accueillir les personnes âgées avec leur animal de compagnie, cela fait partie des réflexions des professionnels du médico-social. Le sujet est particulièrement d’actualité si on s’en tient à l’engouement rencontré par le congrès sur le thème des thérapies non médicamenteuses, qui fera le plein, le mercredi 28 septembre 2022, aux Capucins, à Brest. L’initiative revient au Groupement de coopération sociale et médico-sociale (GCSMS) Comete Bretagne, créé en 2018 et qui rassemble 26 Ehpad et deux instituts médico-éducatifs (IME). Au cours des ateliers proposés, il sera question de ces prises en charge sans « louzou » (médicaments) déjà en place, mais aussi de l’avenir.

La danse aide les Parkinsoniens

« Les thérapies non médicamenteuses permettent de soulager de nombreux symptômes, de la douleur aux troubles cognitifs et comportementaux. Les animaux limitent le recours aux anxiolytiques. L’apport de l’hypnose est désormais reconnu, et on peut y avoir recours plus largement grâce à des casques de réalité augmentée », précise le Dr Nicolas Gallay, médecin coordonnateur des trois Ehpad des Abers (Lannilis, Landéda, Plouguerneau) et de celui de Plabennec. La danse est aussi une thérapie, particulièrement efficace pour les Parkinsoniens. « On constate une diminution voire un arrêt des tremblements pendant la danse ».

Un robot diagnostique la dépression

Parfois une chose aussi simple qu’une couverture légèrement lestée peut procurer un apaisement, parce que la personne se sent comme enveloppée. Mais ce congrès permettra aussi de découvrir des innovations sophistiquées, comme Emo Bot un robot qui veille à l’état émotionnel des personnes âgées, une innovation incubée à Centrale Supélec et évaluée par le living lab CHRU Rennes. « Ce robot est capable d’identifier une dépression, quinze jours avant qu’elle ne soit diagnostiquée. Il n’interagit pas avec la personne, mais il enregistre son comportement et analyse certains points du visage. Le corps ne ment pas. Si une personne est dépressive, elle va s’isoler. Mais si le résident reste dans sa chambre, cela sera plus difficile à percevoir pour les soignants. Ce sera un outil précieux d’alerte pour prescrire des antidépresseurs, parce que les médicaments, dans ce cas, restent indispensables », conclut le Dr Nicolas Gallay.