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Six mois et cinq jours qu’Elisabeth Borne est à Matignon. C’est l’heure d’un premier bilan. En mai dernier, sa nomination suscitait des critiques et des doutes. Beaucoup ne donnaient pas cher de sa peau et le pire c’est, qu’à l’époque, les mots les plus violents venaient de son propre camp

François Bayrou déclarait : “Je l’ai dit cent fois déjà. Les temps exigent que le ou la première ministre soit politique, qu’on ait pas le sentiment que c’est la technique qui gouverne le pays”. Et quand le patron du MoDem lâche cela, Elisabeth Borne est déjà nommée à Matignon.

Si aujourd’hui, la majorité et l’Élysée vantent sa force de travail et son abnégation, il faut aussi rappeler que ce n’était pas le premier choix d’Emmanuel Macron. Trop rigide, trop techno, trop ceci… Pas assez cela… Enfin, Elisabeth Borne a tenu et savait qu’il allait falloir encaisser dès la passation de pouvoir avec Jean Castex. 

Je n’ai pas le complexe de la femme providentielle


Elisabeth Borne, lors du discours de politique générale en juin 2022

“Je voudrais dédier cette nomination à toutes les petites filles en leur disant : ‘Allez au bout de vos rêves’. Rien ne doit freiner le combat pour la place des femmes dans notre société”. Elisabeth Borne se parlait surtout à elle-même à ce moment-là et se donnait du courage. 

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Elle va ensuite enfoncer le clou à l’Assemblée nationale, lors de son discours de politique générale. “Je ne correspond peut-être pas au portrait-robot que certains attendaient. Cela tombe bien, la situation est inédite. Je n’ai pas le complexe de la femme providentielle”, déclarait-elle. En clair : vous ne vouliez pas de moi mais il va falloir vous habituer. 

Quid des six prochains mois ?

Elisabeth Borne a aussi assuré qu’elle serait en permanence une femme de dialogue, notamment avec les oppositions. Est-ce que ça a toujours été le cas ? La première ministre consulte à tout-va et elle a passé ses six premiers mois à négocier mais il y a quand même une sacrée ombre au tableau. Le 49.3. Elle l’a dégainé quatre fois sur les textes budgétaires. Cela relativise beaucoup cette posture de dialogue

C’est aussi le ressenti du député centriste Christophe Naegelen, souvent dragué par la majorité, mais pas encore amadoué par la patronne de Matignon. “C’est un anniversaire qui se fait dans la douleur, parce qu’on voit bien que sur les textes c’est compliqué. On espérait qu’elle soit ouverte, c’est ce qu’elle a été, elle nous reçoit beaucoup plus que dans la précédente législature”, a-t-il expliqué au micro de RTL.

Les six prochains mois ? Inflation galopante, probables coupures d’électricité en France, durcissement des règles de l’assurance-chômage, réforme des retraites… Elle ne va pas s’ennuyer. Et sa passion ? “J’adore marcher dans le désert”, déclarait-elle. Et quand on adore marcher dans le désert, c’est qu’on est fait pour ce job. 

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